samedi 23 septembre 2017
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Le Président Joseph Kabila confirme l’irréversibilité des élections

• « Je salue également les efforts de toute la classe politique de mon pays qui, dans la recherche d’un consensus global sur le processus électoral, ont débouché sur l’Accord du 31 décembre 2016 ayant pour objectif ultime l’organisation des élections », a-t-il déclaré avec humilité et élégance…

Enfin ! De 18 minutes, le discours le plus attendu par l’opinion congolaise et même la communauté internationale sur la RDCongo a eu lieu ce samedi 23 septembre 2017 à l’Onu. Le thème de la 72ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies étant « Priorité à l’être humain : paix et vie décente pour tous sur une planète préservée », le Chef de l’Etat l’a abordé avec six sous-thèmes portant respectivement sur le « Terrorisme », les « Violences sexuelles », l’« Evaluation de l’Agenda 2030 de l’ONU », la « Stabilité politique », le « Mandat de la Monusco » et les « Réformes des Nations Unies »...

Naturellement, le sous-thème favori pour le Congolais lambda a été la Stabilité politique dans sa dimension électorale.

Le Chef de l’Etat a fait valoir la portée du dialogue en considérant qu’« A l’instar de la paix, la stabilité politique constitue pour nous un objectif constant de politique intérieure. Dans cette optique, depuis près d’une année, nous avons recouru au dialogue qui pour nous est un mode permanent de règlement des différends politiques ».

Après avoir rendu hommage à l’Union africaine et aux organisations sous-régionales continentales « pour leur accompagnement dans ce processus », il a mis l’accent sur les conséquences de l’exigence, par toutes les parties prenantes, du nouveau fichier électoral. Ce fichier, a-t-il relevé, « a donné lieu, depuis plus d’une année, à l’enrôlement des électeurs dont la dernière phase vient de commencer dans les deux provinces au centre du pays ».

Il s’est félicité de l’enrôlement, jusque-là, de plus de 42 millions sur une projection de 45 millions d’électeurs.

Le Chef de l’Etat s’est appesanti sur le mécanisme mis en place pour l’évaluation du processus électoral, mécanisme comprenant le Gouvernement, le Conseil national de suivi de l’accord (Cnsa) et la Céni. Cette évaluation, a-t-il dit, a pour finalité « la publication prochaine, par celle-ci, qui en est la seule institution compétente, du calendrier électoral ».

Pragmatique, il a estimé qu’en dépit de ces avancées considérables, « les défis en vue de l’organisation des élections dans mon pays demeurent énormes, tant au plan logistique, financier, sécuritaire que normatif ».

Modeste, il va ajouter : « Nous y faisons donc face avec humilité, mais aussi avec une indéniable ténacité » et renchérir : « Vu toutes ces avancées, j’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé et que notre démarche dans cette direction est irréversible. Le tout, sans ingérence extérieure ni diktat quelconque ».

En définitive, il a demandé aux vrais amis de la RDCongo « de soutenir sincèrement le processus électoral en cours ».

…pas de paix véritable et durable sans justice

Auparavant, il s’est prononcé sur le terrorisme qui affecte la sécurité mondiale. « Face à la montée du terrorisme, sous formes diverses, il est incontestable que le monde actuel auquel nous aspirons ainsi dépend du traitement que nous réservons aux questions de paix et de sécurité », a-t-il poursuivi, s’appuyant particulièrement sur le cas de son pays, « victime d’attaques terroristes menées par certains groupes armés »

aussi bien au centre et à l’ouest qu’à l’est. Des attaques de nature à « anéantir la paix si chèrement acquise  »

et à « contrarier la dynamique des solutions consensuelles obtenues au niveau national et de miner nos efforts de développement »

.

Pour les Kasaï, le Président de la République a déploré les exactions commises par une milice mystico-tribale qui s’en prend à la population (enfants compris) comme bouclier humain, s’attaque aux symboles de l’Etat, décapite les autorités coutumières, les agents de l’Etat et même les agents de la Céni, détruit des biens d’autrui, etc. « Notre détermination est de faire en sorte que la lumière sur les circonstances exactes de ce crime soient clarifiées afin que cet acte ignoble ainsi que ceux dont nos compatriotes ont été victimes ne restent pas impunis »

, a-t-il prévenu. A preuve, les procès en cours.

Cependant, la solution idoine à ses yeux reste le dialogue permanent. C’est dans ce cadre que vient de se tenir à Kananga la conférence sur la paix, la réconciliation et le développement. L’objectif, a-t-il déclaré, est « d’établir la vérité sur ce qui s’est réellement passé dans ces provinces du centre du pays, de promouvoir la réconciliation entre filles et fils desdites provinces et d’affirmer notre conviction que toute réconciliation passe nécessairement par la Justice et qu’il n’y a pas de paix véritable et durable sans justice ».
Propos rassurants : « Mon pays reste ouvert à toutes formes de collaboration à ce sujet »

, a-t-il dit.

Pour l’Est, il a fait état de l’existence d’une coopération tripartite « RDC-Soudan du Sud-Rca » en vue d’« endiguer la menace terroriste LRA ». La participation de Kinshasa à cette dynamique, a-t-il prévenu, est la preuve de la détermination congolaise « dans le combat mené par la coalition contre cette menace ».

…nous n’entendons pas transiger

Autres sous-thèmes abordés, ceux consacrés respectivement aux violences sexuelles et au mandat de la Monusco.

Pour le premier, le Chef de l’Etat s’est réjoui de progrès remarquables, qu’il a qualifiés aussi de manifestes, « enregistrés par la Justice qui a prononcé de centaines de décisions de condamnations pour viols, n’épargnant aucun auteur de ces crimes en vertu de sa position sociale ou dans la hiérarchie militaire, preuve de la fin de l’impunité dans ce domaine ».

Pour le second, il est revenu sur la nécessité du maintien du dialogue stratégique entre la RDC et l’ONU concernant l’avenir de la Monusco. Ce dialogue, a-t-il estimé, « devra déterminer le rythme de réduction de la force de la MONUSCO jusqu’à son retrait total », tant il est vrai qu’une vingtaine d’années après son déploiement sur le territoire congolais, il n’est pas question pour cette force de « nourrir l’ambition de rester indéfiniment » en RDCongo « ni d’y exercer son mandat avec le même format et sans tirer les leçons des faiblesses constatées ».

Il est d’avis que si on tient effectivement à la crédibilité des Nations Unies, l’important est et reste « l’efficacité effective de l’apport des troupes onusiennes sur le terrain », a-t-il mis en exergue. Pour les autorités congolaises, cet impératif se matérialise par le « redimensionnement de la force de la MONUSCO au regard de missions devenues dynamiques et la réorientation des moyens ainsi dégagés vers la satisfaction de nos besoins de développement ».

Son avertissement est assez clair : « dans ce domaine, comme en d’autres, nous n’entendons pas transiger avec le respect dû à la souveraineté de la République Démocratique du Congo telle que garantie par la Charte de notre Organisation ».

D’ailleurs, c’est à partir de cet avertissement qu’il a partagé sa conviction selon laquelle « tous ceux qui placent leurs espoirs dans les Nations Unies, et mon pays en fait partie, auront à cœur de s’investir pleinement dans la mise en œuvre des ODD ainsi que dans la réforme tant attendue de notre organisation »

.

En mot de la fin, il a souhaité pleins succès aux travaux de la session ordinaire en cours.
Avant de quitter le siège de l’Onu, le Chef de l’Etat s’est entretenu avec le secrétaire général Antonio Guitteres.

De New York,

Omer Nsongo die Lema
@omernsongo

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