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Le Président de la République a fait le déplacement de Sange le
lundi 5 juillet 2010 pour témoigner de la solidarité nationale à
l’égard de la population de cette localité du Sud-Kivu, victime
d’un incendie provoqué par la tentative de siphonage du
carburant ayant coulé du camion citerne qui s’est renversé dans
des circonstances à élucider par le Gouvernement. Le Chef de
l’Etat a instruit ce dernier de faire diligence et de veiller à
ce que ce type d’accident ne se reproduise plus au pays.
La veille, soit le dimanche 4 juillet, il a présenté au nom du
peuple congolais ses « condoléances les plus attristées aux
familles éprouvées ».
Ce genre d’incidents se produisant un peu partout dans le monde,
il est à espérer du drame survenu à Sange qu’il ne fera pas
l’objet de récupération politicienne, comme on en a l’habitude
en RDC où l’on a tendance à faire feu de tout bois.
C’est plutôt autour de ce type de tragédie que les citoyens, les
vrais et les bons, développent leur capacité de cohésion, de
communion.
En fait, le problème principal se situe au niveau de la
communication. Pas nécessairement celle du Gouvernement central
ou du Gouvernement provincial, encore moins du Parlement
national ou provincial. C’est essentiellement la communication
de proximité. Celle qui implique les ETD et la Société civile.
Il est de notoriété publique que le siphonage du carburant est
une pratique extrêmement dangereuse. En Afrique, le Nigeria
semble en détenir le triste record. Quand il ne provient pas du
sectionnement d’une pipe line, l’incendie peut provenir d’une
station d’essence ou d’un camion citerne. Tout le monde sait que
ce feu-là a tendance à s’étendre, surtout à la faveur du vent,
et à perdurer. Le seul conseil que l’on peut alors donner aux «
riverains », c’est de s’éloigner le plus possible du foyer
d’incendie. Mais alors le plus loin possible.
Le drame de Sange vient nous rappeler que le Grand Kivu est
fréquemment en proie à diverses calamités ; les unes naturelles
(éruption volcanique, éboulement de terre, inondation etc.), les
unes artificielles (guerres…).
La communication à concevoir pour cette partie de la République
doit être conséquente. Quand il y a éruption volcanique, il y a
lieu que les populations prennent telle direction et non telle
autre. Quand il y a éboulement de terre, il y a lieu que les
populations prennent telle précaution et non telle autre. Quand
il y a inondation, il y a lieu que les populations agissent de
telle manière et non de telle autre.
Ce qui est valable pour les Kivutiens l’est pour les Orientaux,
les Maniemiens, les Equatoriens, les Bandundois, les Kasaïs, les
Katangais, les Bakongo et les Kinois.
C’est pour que l’on tire pour l’avenir les leçons que le
Président de la République saute dans le premier avion ou dans
la première Jeep pour s’en aller consoler les populations
victimes des calamités.
Pour être plus proche de l’actualité, on sait que début 2009, le
Chef de l’Etat a fait précéder son périple en Province Orientale
et au Nord-Kivu (distance parcourue en automobile) d’un séjour à
Mbandaka où le fleuve Congo était sorti de son lit pour mettre
sous eaux une bonne partie chef-lieu de l’Equateur. En octobre
de la même année, il s’est rendu à Mbuji-Mayi où la pluie
diluvienne a détruit plusieurs habitations.
C’est son devoir de témoigner de la solidarité nationale à
l’égard des victimes.
Faut-il encore, après ce devoir, que les institutions nationales,
provinciales, urbaines, municipales et locales en charge de
l’Exécutif, aidées en cela par la Société civile, prennent
réellement les choses en mains pour ce qui relève de leurs
compétences respectives ou collectives.
L’année du Cinquantenaire (30 juin 2010-30 juin 2011) a démarré
avec une bonne, mais aussi avec une mauvaise nouvelle. La bonne,
c’est l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE
(lire LIBRE OPINION). La mauvaise, c’est cette calamité survenue
à Sange. Cette « coïncidence » a le mérite de nous interpeller
par rapport à ce que devrons désormais être, nous Congolais. Des
femmes et des hommes capables de s’assumer.
Sange représente la première épreuve. On peut se permettre de
noter qu’une bonne partie des médias congolais de l’audiovisuel
ont gardé leurs programmes habituels avec le « ndombolo » en
direct sur l’écran cathodique alors qu’un deuil national a été
bel et bien été décrété !
Le lundi 5 juillet 2010, à 14h00, les téléspectateurs qui ont
zappé sur le paysage audiovisuel kinois ont constaté que bien
des chaînes télé semblaient ignorer le devoir de solidarité
recommandé la veille et répété l’avant-midi.
Faut-il leur en vouloir ? Pas du tout. On est démocratie, et en
démocratie rien n’oblige qui que ce soit de s’appliquer ce
devoir.
Heureusement qu’en faisant le déplacement de Sange, le Président
Joseph Kabila a attiré l’attention des téléspectateurs, des
auditeurs et des lecteurs sur la tragédie survenue dans cette
localité du Sud-Kivu où l’élan de solidarité national est en
train de devient international…
juillet 2010
Omer Nsongo Die Lema
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