EDITORIAL

 

 Ne jamais trahir le Congo.

 
   Par Nzazi Mabidi

Marcel Nzazi MabidiVendredi 16 janvier 2009, le peuple congolais s’est souvenu de la mort tragique de Mzee Laurent – Désiré Kabila, 3ème président de la République Démocratique du Congo, assassiné, il y a huit ans, le 16 janvier 2001.

Un douloureux anniversaire pour les Congolais qui n’auront pas assez de larmes pour pleurer le soldat du peuple tombé sous les balles tirées par une main perfide d’un garde de corps téléguidée par les ennemis de notre nation. Des cérémonies officielles de recueillement organisées pour la circonstance à Kinshasa et dans les chefs –lieu des provinces ont marqué la commémoration de ce 8ème anniversaire.

Une fière chandelle à Madame Janet Kabila, sœur jumelle du Chef de l’Etat et présidente de la fondation Mzee Laurent – Désiré Kabila qui en a assuré, avec brio, l’organisation au niveau national.

Le premier temps fort de ces cérémonies commémoratives a été le culte d’action de grâces célébré en l’église orthodoxe Saint Nicolas de la Gombe sur le Boulevard du 30 juin. Le Chef de l’Etat y a été représenté par le Premier ministre Adolphe Muzito.

Le deuxième temps fort a été la pose par les officiels, les compagnons de lutte de Mzee et les forces vives de la nation, des couronnes de fleurs au mousolée où repose pour l’éternité notre héros national, Mzee Laurent – Désiré Kabila.

Une cérémonie émouvante à laquelle a pris part le Président de la République Joseph Kabila Kabange. Le Chef de l’Etat était accompagné de la première Dame Olive Lembe Kabila et de leurs deux enfants Sifa et bébé Laurent – Désiré Kabila junior, les deux enfants du couple présidentiel que leur tante Madame Janet Kabila « a présentés » à leur défunt grand-père lorsque la présidente de la fondation Mzee Laurent-Désiré est descendue à son tour dans le caveau pour s’incliner devant le tombeau du soldat du peuple.

Laurent-Désiré Kabila est mort comme il a vécu : intransigeant, fidèle à sa devise, à son serment « Ne jamais trahir le Congo ». Il est mort à cause de son amour pour le Congo, pour la souveraineté du Congo et l’intégrité du territoire national. Sans jamais trahir.

Encore adolescent, à 19 ans le jeune Laurent-Désiré se promettait (il l’avait dit à sa mère) être un autre Lumumba. Il l’a été à sa manière. Comme Lumumba, il est mort en martyre lui aussi à cause de ses idées. Il s’était promis de libérer le Congo. Et c’est tout le sens de ces années de lutte passées dans le maquis. Une lutte couronnée le 17 mai 1997 par la libération du Congo-Zaïre.

A la tête des troupes de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), Laurent-Désiré Kabila a mis fin le 17 mai 1997 à l’une des dictatures les plus abjectes de la planète. Le peuple congolais lui en saura à jamais infiniment gré.

De Laurent-Désiré Kabila mort, on ne peut parler qu’au présent. Le passé, c’est mort. Or, Mzee est vivant, quoique mort.
Il est vivant à travers ses idées qu’il a inoculées en nous ; vivant à travers les valeurs positives qu’il nous a enseignées : l’amour de la patrie, l’auto prise en charge, c’est-à-dire notre capacité de voler de nos propres ailes, de ne compter que sur nous-mêmes, sur nos propres efforts pour nous développer, l’amour du travail bien fait, le sens du sacrifice, la résistance, et bien d’autres valeurs encore comme la solidarité.

Face à la guerre d’agression de 1998 dont notre pays était victime, deux semaines avant sa mort, dans son dernier message à la nation le 31 décembre 2000 à l’occasion des traditionnels vœux de fin d’année, le Président Laurent-Désiré Kabila nous avait conviés à « une résistance encore plus active et à une lutte sans merci contre nos ennemis jusqu’au jour où nous recouvrerons totalement l’intégrité territoriale, l’indépendance nationale et la souveraineté internationale de notre pays ».

Ne jamais trahir le Congo. Chacun de nous devrait s’approprier le serment que Mzee nous a laissé. Au sujet de la guerre de l’Est du pays, saluons tout de même le revirement, quoique tardif, de nos frères égarés de la rébellion du CNDP qui sont revenus aux bons sentiments. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ils ont décidé d’enterrer la hache de guerre.

Coïncidence heureuse, la dissidence du Congrès national pour la défense du peuple pilotée par Bosco Ntaganda a choisi cette mémorable date du 16 janvier 2009 pour annoncer la fin de la guerre dans l’Est de la RDC.

Conduits par Bosco Ntaganda, les dix ou onze officiers qui commandent l’essentiel des unités du CNDP déployées dans la province du Nord-Kivu ont rencontré le 16 janvier à Goma les chefs militaires de l’armée régulière, le ministre de l’Intérieur Célestin Mbuyu et le chef d’état-major de l’armée rwandaise James Kabarebe. Ils ont dit, dans leur déclaration, se mettre à la disposition du gouvernement en vue de leur intégration au sein des FARDC.

Le gouvernement s’est félicité de cette avancée majeure vers la fin du conflit. Déjà, ils ont levé toutes les barrières érigées entre Goma et Mushaki. La libre circulation ainsi restaurée dans les zones sous contrôle rebelle permet déjà aux populations déplacées de commencer à regagner leur milieu de vie.

Dans les jours, les semaines qui viennent le commandement des FARDC va instituer une commission à laquelle seront associés quelques officiers du CNDP pour suivre le processus d’intégration ou de démobilisation, selon le cas, des unités du CNDP au sein des forces armées de la République.

Fait à Kinshasa, 21 janvier 2009

Marcel NZAZI MABIDI
Bureau du Porte-parole du Chef de l’Etat.