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Attendue depuis une
bonne dizaine de mois, la nouvelle équipe gouvernementale est
enfin à pied d’œuvre ; la cérémonie traditionnelle de
remise-reprise s’étant faite presque partout 72 heures après
l’annonce de sa constitution le vendredi 19 février 2010.
Dans ce qui peut être considéré comme l’exposé des motifs de
l’ordonnance n°10/025, Me Néhémie Mwilanya, Conseiller principal
au Collège juridique du cabinet du Chef de l’Etat, a mis en
évidence deux missions précises : le chantier social et les
élections 2011.
Ces deux sujets, le Président Joseph Kabila les a évoqués
clairement en 2009, respectivement à Mbuji-Mayi au mois de
novembre et à Kinshasa au mois de décembre.
Au chef-lieu du Kasaï oriental, il avait tenu une réunion
interinstitutionnelle au cours de laquelle la question des
élections avait été abordée. L’option levée est, pour rappel,
l’organisation desdites échéances à tous les niveaux : nation,
provinces et Etd.
A Kinshasa, il avait circonscrit, dans son discours sur l’état
de la Nation, sa pensée par rapport au chantier social. Après
avoir fait valoir le choix initial porté sur le « Chantier
Routes », il avait soutenu que « dès l’année prochaine, l’accent
dans la mise en œuvre des Cinq Chantiers sera déplacé du secteur
des transports aux infrastructures scolaires, hospitalières, de
génération et de distribution d’au et d’électricité ainsi qu’à
celles liées aux nouvelles technologies de l’information et de
la communication ».
C’est, du reste, dans le paragraphe suivant qu’il avait annoncé
la disponibilisation, au profit de la RDC, de l’enveloppe de Usd
un milliard quatre cent millions dans le cadre des contrats
chinois. Un peu plus bas, dans le même discours, il avait salué
les efforts en cours réalisés par le Gouvernement pour
l’atteinte de l’Initiative dite Ppte.
Il ne faudrait cependant pas que les deux missions prêtent à
confusion. D’où le besoin d’une communication bien réfléchie
dans le chef de ceux qui en ont officiellement ou non la charge.
En effet, s’agissant de la première, il y a lieu de préciser
d’emblée que le processus électoral relève de la Ceni (ex-Cei)
en ce qui concerne exclusivement le recensement et l’enrôlement
des électeurs, l’enregistrement et la validation des
candidatures, le déploiement du matériel, l’élaboration du
calendrier électoral (campagne comprise) et la proclamation des
résultats provisoires.
Par contre, tout le dispositif sécuritaire et administratif
impliquant la sécurité proprement dite, la circulation des
personnes et des biens, l’entretien des infrastructures de base,
la rémunération des personnels de l’Administration publique,
bref le fonctionnement normal de l’Etat, relève de la compétence
du Gouvernement. Et alors, du seul Gouvernement.
Pour une meilleure perception de la « division des tâches »
entre ce dernier et la Ceni, on doit savoir que la tenue des
élections n’empêche pas le Gouvernement de poursuivre son
programme d’investiture. Par rapport aux « 5 Chantiers », par
exemple, le Gouvernement continuera d’aménager et d’entretenir
des voies de communication, des centres de santé, des écoles,
des stations de traitement d’eau, des centrales électriques, des
cités résidentielles etc., tout en finançant les élections.
Cet exemple permet d’aborder l’autre mission assignée à la
nouvelle équipe : le chantier social. La pensée du Chef de
l’Etat a le mérite de la clarté : elle ne fait nullement
allusion à l’augmentation des salaires ! Au demeurant, celle-ci
n’est pas la solution idoine dans un contexte économique encore
flottant. En amont, l’objectif réellement visé est la
consolidation du pouvoir d’achat.
Effectivement, ce n’est que lorsque le minimum est garanti dans
la circulation des personnes et des biens de consommation,
l’accès à des soins de santé approprié et à des études
consolidées, l’accès à des logements décents et, surtout,
l’accès à des emplois rémunérateurs que s’améliore de lui-même
le social !
Au regard de ce qui précède, on réalise l’ampleur de la tâche de
la nouvelle équipe gouvernementale appelée, en même temps, à
raffermir les résultats de la pacification du pays dans des
zones en proie à des troubles, d’autant que le processus
électoral est totalement tributaire de la restauration de
l’Autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national.
Comme pour dire de la paix qu’elle ne va ensemble qu’avec le
pain.
Et vice-versa…
C’est parce qu’il sait qu’en l’absence de l’un ou de l’une,
l’autre est vanité que Joseph Kabila s’investit concomitamment
dans les deux !
février 2010
Omer Nsongo Die Lema
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