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Des officiels qui
font médiatiser leur fidélité au Chef de l’Etat après qu’ils
aient été révoqués de leurs postes pour perpétration d’actes
contraires à la dignité de la fonction, ou des officiels qui
entrent ouvertement en conflit avec leurs partis politiques et
se revendiquent entretemps de l’Autorité morale : ils sont de
plus en plus nombreux à se signaler dans le microcosme politique
congolais.
Vraisemblablement, les échéances électorales y sont pour quelque
chose, sinon pour beaucoup.
A cette allure-là, pourtant, c’est l’Opération « Tolérance Zéro
» qui risque d’en prendre un coup ! Or, cette opération a un
enjeu électoral évident ; le Président Kabila ayant annoncé dans
son discours d’investiture grandement ouvertes les prisons à
l’attention des « marginaux ».
En toute logique, avant d’aller à l’encontre du bon sens, sinon
de la discipline, tout acteur présent dans l’une ou l’autre des
Institutions ou l’un ou l’autre des partis de la coalition se
doit de commencer par se préoccuper des effets de son propre
comportement sur l’Autorité morale.
L’illogique, dès lors, c’est d’exprimer sa fidélité au chef
après coup !
La fidélité, c’est plus qu’un engagement ; c’est une
responsabilité.
La responsabilité, cela va de soit, requiert une discipline tous
azimuts.
Il est anormal qu’un membre du gouvernement, un député, un
sénateur, un gouverneur de province ou un mandataire public
auprès des entreprises publiques se permette d’abord un impair
(en public ou en privé) avant d’ameuter la presse pour dire de
bonnes choses de l’Autorité morale dont il connaît pourtant la
fermeté dans le rejet des antivaleurs.
C’est un ressaisissement malsain.
La rectitude ordonne plutôt de se faire oublier pendant une
période plus ou moins longue. Surtout des médias.
L’Autorité morale a une dignité à protéger. Partant, il revient
à ceux qui se réclament d’elle de dire NON à tout collaborateur,
fut-il allié, qui pense, s’exprime ou agit en violant
volontairement ou non les règles établies.
De même, il est anormal qu’un acteur cherche à descendre de son
poste l’animateur de l’institution dans lequel il évolue et
s’affiche, par voie de presse, de l’Autorité morale pendant
qu’il sait très bien que cet animateur-là fait partie du
pré-carré du chef !
C’est un jeu immoral.
Pour en venir aux médias, il est tout de même curieux que les
plus « serviables », c’est-à-dire ceux qui mettent facilement à
la disposition des contestataires un espace pour leurs
interventions, soient politiquement ou même financièrement
proches des responsables politiques membres de la famille ou de
la coalition…
Finalement, il y a un Brutus potentiel…
On ne peut pas faire œuvre utile pour l’Autorité morale en s’en
prenant à son entourage direct ou indirect. Ce n’est ni plus, ni
moins que du « ôte-toi que je m’y mette ! ».
Faire œuvre utile pour le chef, c’est de lui amener de quoi
renforcer en ressources humaines et matérielles son brain-trust.
Dans la perspective des échéances électorales 2011, plus on aura
ratissé large, mieux on aura amélioré les chances de gagner.
On se souviendra que lors de la sortie officielle de l’Amp juin
2006, le Président Joseph Kabila avait eu les mots justes en
s’estimant heureux d’avoir gagné le pari de rassembleur.
Encore deux mois et demi, l’Amp totalise quatre ans d’existence.
Elle doit avoir acquis une expérience avérée en matière de
gestion des ambitions. Son Autorité morale continue, d’ailleurs,
de l’y aider.
A l’heure de peaufiner des stratégies adaptées pour relever le
nouveau défi, les exigences de la fidélité ordonnent certes de
resserrer les rangs, mais aussi de procéder à des nouveaux
recrutements. Et non s’attaquer systématiquement à ceux qui sont
à l’intérieur, sous prétexte d’être soi-même plus intelligent ou
plus sage que l’autre.
C’est simplement desservir la Cause…
février 2010
Marcel
Omer Nsongo Die Lema
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