Les exigences de la fidélité au Président Kabila
 

Par Omer N'Songo Die Lema

Des officiels qui font médiatiser leur fidélité au Chef de l’Etat après qu’ils aient été révoqués de leurs postes pour perpétration d’actes contraires à la dignité de la fonction, ou des officiels qui entrent ouvertement en conflit avec leurs partis politiques et se revendiquent entretemps de l’Autorité morale : ils sont de plus en plus nombreux à se signaler dans le microcosme politique congolais.
Vraisemblablement, les échéances électorales y sont pour quelque chose, sinon pour beaucoup.
A cette allure-là, pourtant, c’est l’Opération « Tolérance Zéro » qui risque d’en prendre un coup ! Or, cette opération a un enjeu électoral évident ; le Président Kabila ayant annoncé dans son discours d’investiture grandement ouvertes les prisons à l’attention des « marginaux ».
En toute logique, avant d’aller à l’encontre du bon sens, sinon de la discipline, tout acteur présent dans l’une ou l’autre des Institutions ou l’un ou l’autre des partis de la coalition se doit de commencer par se préoccuper des effets de son propre comportement sur l’Autorité morale.
L’illogique, dès lors, c’est d’exprimer sa fidélité au chef après coup !
La fidélité, c’est plus qu’un engagement ; c’est une responsabilité.
La responsabilité, cela va de soit, requiert une discipline tous azimuts.
Il est anormal qu’un membre du gouvernement, un député, un sénateur, un gouverneur de province ou un mandataire public auprès des entreprises publiques se permette d’abord un impair (en public ou en privé) avant d’ameuter la presse pour dire de bonnes choses de l’Autorité morale dont il connaît pourtant la fermeté dans le rejet des antivaleurs.
C’est un ressaisissement malsain.
La rectitude ordonne plutôt de se faire oublier pendant une période plus ou moins longue. Surtout des médias.
L’Autorité morale a une dignité à protéger. Partant, il revient à ceux qui se réclament d’elle de dire NON à tout collaborateur, fut-il allié, qui pense, s’exprime ou agit en violant volontairement ou non les règles établies.
De même, il est anormal qu’un acteur cherche à descendre de son poste l’animateur de l’institution dans lequel il évolue et s’affiche, par voie de presse, de l’Autorité morale pendant qu’il sait très bien que cet animateur-là fait partie du pré-carré du chef !
C’est un jeu immoral.
Pour en venir aux médias, il est tout de même curieux que les plus « serviables », c’est-à-dire ceux qui mettent facilement à la disposition des contestataires un espace pour leurs interventions, soient politiquement ou même financièrement proches des responsables politiques membres de la famille ou de la coalition…
Finalement, il y a un Brutus potentiel…
On ne peut pas faire œuvre utile pour l’Autorité morale en s’en prenant à son entourage direct ou indirect. Ce n’est ni plus, ni moins que du « ôte-toi que je m’y mette ! ».
Faire œuvre utile pour le chef, c’est de lui amener de quoi renforcer en ressources humaines et matérielles son brain-trust.
Dans la perspective des échéances électorales 2011, plus on aura ratissé large, mieux on aura amélioré les chances de gagner.
On se souviendra que lors de la sortie officielle de l’Amp juin 2006, le Président Joseph Kabila avait eu les mots justes en s’estimant heureux d’avoir gagné le pari de rassembleur.
Encore deux mois et demi, l’Amp totalise quatre ans d’existence. Elle doit avoir acquis une expérience avérée en matière de gestion des ambitions. Son Autorité morale continue, d’ailleurs, de l’y aider.
A l’heure de peaufiner des stratégies adaptées pour relever le nouveau défi, les exigences de la fidélité ordonnent certes de resserrer les rangs, mais aussi de procéder à des nouveaux recrutements. Et non s’attaquer systématiquement à ceux qui sont à l’intérieur, sous prétexte d’être soi-même plus intelligent ou plus sage que l’autre.
C’est simplement desservir la Cause…




février 2010

Marcel Omer Nsongo Die Lema