En 2010 comme en 2005 : des actes pour les élections…
 

Par Omer N'Songo Die Lema


Le Président Joseph Kabila a réuni le vendredi 30 juillet dernier une réunion interinstitutionnelle. La première du dernier semestre 2010. Un semestre décisif en ce qu’il va booster le processus électoral pour les échéances 2011.

Au demeurant, dans le compte rendu fait par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Pr Adolphe Lumanu, il ressort que le Chef de l’Etat a invité « toutes les Institutions de la République » à se mobiliser, « chacune dans la limite de ses compétences, pour que ces élections soient effectives dans les délais requis, qu’elles soient vraies, justes, crédibles, démocratiques et transparentes ».

Déjà, les Nations Unies ont été officiellement sollicitées. Le Premier ministre Adolphe Muzito a écrit à cet effet au Secrétaire général Ban Ki-moon.

Pas plus tard que le mercredi 4 août dernier, le Chef de l’Etat a échangé avec le nouveau patron de la Monusco, en la personne de Roger Meece. Des sources crédibles, l’on a appris que l’ex-ambassadeur américain en RDC a annoncé la présence à Kinshasa d’une équipe d’experts de l’Onu en provenance de New York. Mission assignée : convenir avec les autorités congolaises des modalités pratiques en vue des élections de 2011. C’est au terme des échanges que devrait se dégager un projet de chronogramme.

Sur ces entrefaites, l’Assemblée nationale et le Sénat ont pris l’engagement de finaliser tout l’arsenal des lois concourant à la tenue des échéances.

Avec la révision du fichier électoral opérée au Bas-Congo et qui va prendre fin le 16 août 2010, l’ex-Cei, présidée encore par l’abbé Apollinaire Malu-Malu, passe d’une étape à une autre. La dernière en date est la publication du chronogramme électoral.

En d’autres termes, le processus enclenché est inéluctable.

En 2005, il l’était déjà.

Le temps ayant fait son œuvre, il n’est pas mal indiqué de rappeler l’interview accordée à l’époque par le président de la Cei à Rfi. Pragmatique, l’Abbé Malu-Malu avait situé la tenue des élections vers octobre 2005.

Il avait été copieusement vilipendé.

S’en tenant à la durée de 24 mois fixée pour la Transition issue du Dialogue intercongolais alors que le Constituant avait envisagé la possibilité d’une prorogation de 12 mois - soit de juin 2003 à juin 2006 - certains Opposants avaient crié au scandale. Ils avaient résolu, comme d’habitude, d’envoyer leurs partisans dans la rue pour braver l’autorité établie.

Ainsi, avait-on eu une succession de mots d’ordre de boycott. Quand ce n’était pas contre le recensement-enrôlement ou le référendum constitutionnel, c’était contre la campagne électorale, la tenue des élections proprement dites et la proclamation des résultats. Au motif que tout ce qui se faisait après le 30 juin 2005 tombait dans l’illégalité !

Paradoxalement, leurs tentatives respectives de négocier en décembre 2005 et de proposer en janvier 2006, sous les auspices de la Monuc, leur entrée dans le processus relevaient, elles, de la légalité…

Cinq ans après, sans la moindre explication aux mêmes partisans, les voici donnant un mot d’ordre contraire. On ne peut que s’en féliciter d’autant plus que l’enrôlement au fichier électoral ne va poser aucun problème. Du reste, ils savent tous que c’est le même matériel Zetes de 2005 que l’on va utiliser pour 2011. Mieux, ils ne conditionnent plus l’enrôlement par le recensement général.

Le sens à donner à ce rappel est de faire réaliser à l’opinion la volonté et la capacité du Président Joseph Kabila de tenir ses promesses, surtout lorsque la faisabilité relève essentiellement de la volonté et de la capacité de l’opinion nationale.

Or, sur ce point précis, le processus électoral de 2005 avait largement démontré l’adhésion du peuple congolais. Le processus électoral 2011 témoigne de la même adhésion.

Aussi, on ne peut véritablement communier avec le peuple congolais qu’en intégrant sa foi dans une société congolaise déterminée à poser, tous les cinq ans, le pas consolidateur de la démocratie.

C’est ce que les animateurs actuels des institutions de la République – le Président Joseph Kabila en tête – ont saisi. D’où les propos répétés et martelés, suivis d’actes éloquents posés pour les prochaines échéances.

Le train est donc en marche…



Omer Nsongo Die Lema
omersong@yahoo.fr

Aout 2010