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Il est de ces expressions à bannir absolument du langage
politique, surtout lorsqu’elles concernent les relations entre
la République Démocratique du Congo et la Belgique, deux Etats
unis par l’Histoire.
Pour avoir offert à la reine Paola une parure de diamants dans
le cadre du Cinquantenaire de son Indépendance, mon pays – au
travers de la personne de sa Première Dame dont le sens humain
est de notoriété publique – est délibérément tourné en dérision
par certains milieux politiques belges, pratiquement les mêmes à
avoir entrepris une campagne de boycott de la visite du couple
royal à cette occasion.
Or, le roi Albert II et la reine ont rehaussé de leur présence
l’événement ; contribuant ainsi à renforcer les relations
diplomatiques de tout temps mises à mal par Bruxelles.
Tout le monde s’attendait donc à un nouvel élan après le 30 juin
2010 ; les bonnes nouvelles s’étant d’ailleurs annoncées avec
l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE.
D’ailleurs, le roi en a donné le signal fort en visitant les
installations du Groupe belge Chanimetal, précisément le
chantier naval connu sous la raison social Chanic (lire LIBRE
OPINION). Il est vrai qu’il ne gouverne pas, mais il arrive
aussi à Laeken de donner un coup de pouce aux investisseurs
belges lorsqu’il s’agit du Congo. On se souvient de celui du roi
Baudouin 1er aux Acec de Charleroi dans le cadre de
l’aménagement du barrage d’Inga !
En choisissant, de son côté, de visiter les installations de
l’Institut national de préparation professionnelle, la reine
Paola a donné aux Congolais un autre signal fort : la
revalorisation des métiers.
Bref, le couple a fait le choix d’accompagner les « 5 Chantiers
».
Et voilà que cette formidable embellie est perturbée non pas
pour une affaire de parure de diamants, mais en raison d’un abus
de langage. Quelqu’un a osé traiter les diamants congolais de
diamants du sang !
A Mbuji-Mayi, capitale mondiale du diamant industriel et à
Tshikapa, autrefois capitale mondiale du diamant de joaillerie,
on ne peut ressentir pareille illusion que sous forme de
trahison, de mépris.
Et pour cause !
Il est un fait indéniable que le diamant du Congo a
littéralement bâti la ville d’Anvers. Si Anvers est alors devenu
une référence sur le marché international des gemmes aux côtés
de New York (aux Etats-Unis), Tel Aviv (en Israël) et Nouvelle
Delhi (en Inde), c’est parce qu’il y a eu d’abord la sueur des
Congolais travaillant pour le compte de la Forminière. Et si, en
plus, Bruxelles a eu la chance de devenir la capitale économique
de l’Union européenne, c’est parce que la Belgique a énormément
gagné de la colonisation du Congo.
Présenter dès lors les diamants de Congo en diamants du sang
reviendrait à déduire que la Belgique est bâtie avec et sur du
sang ! Et quand un belge – qui est censé connaître l’histoire de
son pays – utilise cette expression, c’est qu’il vit lui-même
avec et sur du sang du Congo ! De un.
De deux, ce belge-là détruit l’image et l’économie d’Anvers
d’autant que tous les diamantaires du monde finiront par croire
que c’est en Belgique où circule ce type de gemmes !
Qui alors du Congolais et du Belge se sera couvert de ridicule ?
Qui du Congolais et du Belge aura atteint dans sa dignité le
couple royal ? Dans les deux cas, ce n’est pas le Congolais !
Voilà pourquoi le belge qui a lancé cette expression sera
conséquent avec lui-même en la retirant. Partant, il aura réparé
le mal fait aussi bien au Trône qu’à mon compatriote du Kasaï
qui, lui, se sent plutôt honoré par la Première Dame de la RDC
puisque son diamant, mis en parure, aura servi au
raffermissement des relations avec la Belgique pour un nouveau
deal !
juillet 2010
Omer Nsongo Die Lema
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