Le Roi Albert II rassure la RDC
 

Par Omer N'Songo Die Lema


A l’occasion de la 180ème Fête d’Indépendance de son pays, le Roi Albert II a consacré pratiquement le tiers de son message à la RDC où, dit-il, ils ont été « touchés par l’accueil si chaleureux » qui leur a été réservé par les Congolais pendant leur séjour kinois dans le cadre du Cinquantenaire.
« J’ai pu dire aux Congolais que nous avons rencontrés combien nous admirions le courage et la persévérance de la population, au cours des moments comme celui de cet anniversaire, mais aussi des périodes difficiles et parfois dramatiques », a-t-il poursuivi avant de relever le fait d’avoir proposé « un nouveau partenariat, franc et constructif, axé sur les besoins de la population et soutenant les nouvelles institutions que le Congo s’est donnée démocratiquement ». Et de poursuivre : «Notre vif espoir est qu’un tel partenariat puisse contribuer à consolider la paix en Afrique Centrale qui a tellement souffert » d’autant que, a-t-il souligné, « Cette paix est aussi vitale pour l’indispensable développement économique et social auquel notre pays est prêt à collaborer activement ».
Dans l’avant-dernier paragraphe de son message, le Roi évoque les relations Belgique-Union européenne-RDC. « Pour chaque sujet dont je viens de parler, il convient de nous mettre en devoir de favoriser un dialogue constructif, de promouvoir le respect mutuel aussi bien entre nos communautés et régions en Belgique, qu’entre les Etats européens, et dans nos relations avec le Congo », dit-il.
Il est à noter que ce paragraphe est dans la troisième partie de son discours consacrée à l’exercice, par la Belgique, de la présidence de l’Union européenne pour le semestre juillet-décembre 2011 ; la première étant dédiée à la Belgique, la deuxième à la RDC.
Pour un événement, c’en est effectivement un dans la mesure où le Roi n’était pas obligé d’intégrer l’ex-colonie dans un message adressé principal à son peuple et aux peuples des pays membres de l’Union européenne.
C’est là un rappel fait à ceux de ses compatriotes qui voient, à l’image de la fusée, la propulsion de la Belgique dans l’Ue s’opérer à partir de la désintégration d’un lanceur appelé RDC !
Nous ne nous sommes finalement pas trompés dans « LIBRE OPINION » intitulée « Albert II, Chanimetal et 5 Chantiers » en écrivant ceci : « En visitant Chanimetal, le roi Albert II a certainement indiqué aux investisseurs belges des opportunités qu’offrent les ‘ 5 Chantiers’ au travers de l’exploitation industrielle des unités de navigation, mais aussi de l’exploitation commerciale de celles-ci pour le transport des personnes et des biens » ; le Groupe Chanimetal disposant du chantier naval Chanic spécialisé dans la fabrication des bateaux adaptés à l’hydrographie du Congo-Kinshasa.
A propos justement des investissements, le Congolais n’a pas à se gêner de reconnaître en la Belgique le seul pays européen qui connaisse mieux que quiconque les opportunités économiques congolaises. Bruxelles a une carte minière, pétrolière, forestière etc. bien documentée, en plus de la maîtrise de la structure culturelle de l’homme congolais.
L’avons-nous voulu ? Pas du tout. La Providence sait pourquoi avait-elle placé le vaste territoire africain entre les mains d’abord d’un homme, en la personne du roi Léopold II, ensuite de son pays, la Belgique. Les faits démontrent que Bruxelles a certes bâti le Congo, mais Kinshasa (ex-Léopoldville) a largement sinon totalement contribué à la construction de la Belgique.
Dès lors, les deux pays – avec leurs deux peuples – sont condamnés à s’entendre.
Et comme dans tout couple ou dans toute association qui vit, des frictions sont monnaie courante. L’évidence, cependant, est qu’au cours de ces 50 dernières années, c’est de Bruxelles – malheureusement – que partent généralement des éternuements qui finissent par de grosses toux ! Le dernier incident en est l’illustration. D’où le dernier éditorial intitulé «Diamants du sang à Anvers ? ».
Le Roi s’est abstenu d’y faire allusion ; préférant positiver les intérêts que le Belge a en commun avec le Congolais. C’est à son honneur.
En invitant Albert II au Cinquantenaire de l’Indépendance de la RDC, le Président Joseph Kabila a cherché à positiver, le premier, les mêmes intérêts. C’est aussi à son honneur.
C’est ce qui a fait dire à M. Dominique Struye, ambassadeur de Belgique à Kinshasa, citation : « Je confirme les bonnes relations existant entre les deux pays à tous les niveaux. La visite royale fut un réel succès. (…) pour preuve, la lettre de remerciement adressée par le Roi Albert II au Président Joseph Kabila où il qualifie sa visite à Kinshasa d’agréable ». Fin de citation.
Par ce geste, le Roi rassure en réalité la RDC.
A ceux qui s’y opposent par conviction ou part opportunisme d’en prendre acte…


juillet 2010

Omer Nsongo Die Lema