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Le retour dans leurs pays
respectifs des troupes étrangères impliquées dans des opérations militaires
au Nord-Kivu et en Province Orientale sera fait dans les délais
impartis, rassure le Président Joseph Kabila Kabange

Le Président Joseph Kabila Kabange
a rassuré le peuple congolais, lors d'une conférence de presse
tenue samedi à Kinshasa, que les troupes étrangères impliquées
dans les opérations militaires menées conjointement avec les
FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo) au
Nord-Kivu et en province Orientale rentreront dans leurs pays
respectifs dans les délais impartis.
Le Chef de l'Etat a confirmé que dans quinze (15) jours, les
unités de renseignement du Rwanda et les FARDC procéderont à
l'évaluation des opérations conjointes qu'elles mènent au
Nord-Kivu contre les réfugiés hutu rwandais constitués des
ex-Forces armées rwandaises, des Interahamwe et des
Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).
"Le délai à ne pas dépasser, c'est le mois de février", a-t-il
insisté, estimant que ce qui compte, c'est le résultat sur le
terrain. Il s'est par ailleurs réjoui d'annoncer que depuis le
début de ces opérations dans la province du Nord-Kivu, le
gouvernement congolais a récupéré toutes les positions jadis
occupées par le CNDP ( Congrès national pour la défense du
peuple). "Demain, ce sera l'ouverture du poste frontalier du
Budagana", a-t-il lancé.
En ce qui concerne les opérations militaires conjointes menées
en province Orientale par les FARDC, l'armée ougandaise et les
unités de l'armée du Sud-Soudan, le Président Joseph Kabila
Kabange a soutenu que celles-ci prendront fin le 13 février
2009.
Tout en se félicitant des résultats obtenus sur le terrain qu'il
a qualifiés de positifs, le Chef de l'Etat a indiqué que la
situation est sous contrôle en province Orientale dès lors que
les éléments de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dirigée
par Joseph Kony sont dispersés. Il a en outre apaisé les
inquiétudes des uns et les autres quant au respect par le
gouvernement rwandais des engagements pris. " On fera tout pour
que ces engagements soient respectés" a-t-il déclaré.
Le processus de l'extradition de l'ex-général Laurent Nkunda
est en cours

En réponse à la question de savoir si l'extradition du général
déchu Nkunda du Rwanda à la RDC est prévue, le Chef de l'Etat a
dit que "la réponse, c'est oui", ajoutant que " c'est un
processus politique et diplomatique sur lequel on travaille".
C'est à cette occasion qu'il a confirmé l'arrestation de M.
Laurent Nkunda, selon l'information donnée par les autorités
rwandaises, réagissant ainsi à la préocupation des médias.
Le Président de la République a refuté les allégations selon
lesquelles l'arrestation de Laurent Nkunda serait consécutive au
marchandage entre Kigali et Kinshasa. " C'est le fruit d'un
accord signé entre les deux pays", a-t-il expliqué, estimant que
les problèmes posés par le CNDP ne peuvent pas être résolus sans
trouver des solutions à l'existence des FDLR.
S'agissant du général Bosco Ntaganda issu du CNDP qui est sous
le mandat de la Cour pénale internationale, le Chef de l'Etat a
privilégié l'option levée destinée à ramener la paix, la
sécurité et la stabilité sur toute l'étendue de la province du
Nord-Kivu. Il a écarté pour le moment toute idée contraire
pouvant mettre en cause la position du gouvernement de la
République. "Il n'y a pas un seul pays au monde qui a coopéré
avec la CPI comme la RDC", a-t-il soutenu.
Le retour de la paix au Nord-Kivu est conditionné à la
décapitation de toutes les milices du Kivu.

Le Chef de l'Etat a fait remarquer que le retour de la paix dans
le Nord et Sud-Kivu est conditionné à la "décapitation de toutes
les milices" opérant dans cette partie du pays, en dépit de
l'arrestation de l'ex-général Laurent Nkunda.
" C'est presque chaque tribu du Nord et du Sud-Kivu qui dispose
d'une milice dont les tireurs de ficelles se trouvent soit sur
place,soit à Kinshasa", a-t-il révélé. Dans le même registre, il
a promis de prendre des mesures efficaces afin que les réfugiés
hutu rwandais traqués se trouvant dans le Kivu ne puissent pas
se disperser dans les forêts du Maniema, de la province
Orientale, de l'Equateur, ou ailleurs.
Réagissant à une préoccupation de la presse ayant trait à la
qualité de la personne ayant représenté le gouvernement
congolais dans l'accord conclu à Goma entre le Rwanda et la RDC,
le Chef de l'Etat a fait savoir que ce processus avait été
initié avant l'avènement de l'actuel chef d'état-major général
des FARDC Didier Etumba, par l'Inspecteur général de la Police nationale
congolaise, John Numbi. C'est celui-ci qui a été désigné pour
signer cet accord.
Pas de richesses communes à exploiter par le Rwanda et la RDC

En vue d'éclairer la lanterne des uns et des autres, le
Président Joseph Kabila a dit haut et fort qu'il n'existe pas de
richesses communes à exploiter par le Rwanda et la RDC, à
l'exception du gaz du Lac Kivu. "Il y a du gaz dans le Lac Kivu
et le Rwanda, de son côté, l'a déjà exploité", a-t-il rassuré,
ajoutant que "Même avec l'Ouganda, l'exploitation commune du
pétrole n'est pas encore effective sur le Lac Albert ". " Il n'ya
pas de richesses communes à exploiter entre le Rwanda et la RDC",a-t-il
martelé.
Pour juguler la crise économique et financière actuelle le Chef
de l’Etat a invité les uns et les autres à investir dans la
production locale et à importer moins en vue de la stabilisation
de la monnaie nationale. Dans le même ordre d’idées, il a fait
état de la discipline à appliquer sur le plan budgétaire
notamment en contrôlant les dépenses. Aussi a-t-il reconnu que
la crise économique actuelle est réelle. Elle n’est pas une
fiction a-t-il dit. C’est dans cet optique qu’il a annoncé
l’adoption par le Gouvernement, à la prochaine réunion du
Conseil des ministres, d’un plan dessiné à faire face à cette
crise.
Le Chef de l'Etat se refuse pour l'heure à faire le bilan
des 5 chantiers

Le Chef de l'Etat s'est refusé à dresser pour l'heure le bilan
des programmes des 5 chantiers de la République qu'il a initié,
estimant qu'il est très impatient dès lors que les travaux en
cours n'ont pas encore atteint la vitesse de croisière.
"Je ne ferai pas le bilan à ce stade, les travaux sont en cours
à travers le pays", a-t-il indiqué, avant d'ajouter: "Je le
ferai d'ici le mois de mars ou d'avril". Face à la crise
financière et économique mondiale, le Chef de l'Etat a estimé
qu'il faille diversifier l'économie du pays étant donné que la
cour des matières premières sont en chute libre. C'est ainsi
qu'il a opté pour la mécanisation de l'agriculture en vue
d'atteindre l'autosuffisance alimentaire tout en important moins
et en exportant plus.
Dans cette optique, il a jugé utile et nécessaire l'encadrement
de la jeunesse dans des grandes villes, notamment celle de
Kinshasa, en l'orientant vers des travaux agricoles en vue de
résorber tant soit peu le chômage.
Une opération militaire
confidentielle au Nord Kivu
A ceux qui voulaient être informés de l’entrée dans le Nord Kivu
des unités de renseignement du Rwanda au Nord Kivu, le
Commandant Suprême des FARDC a fait remarquer qu’il s’agissait
d’une opération militaire confidentielle à laquelle ne pouvait
être associé tout le monde. « Je ne vois pas un seul pays au
monde où les choses se passent comme ça » s’est-il indigné,
avant d’appeler la presse à se rendre sur le terrain dans le
Nord Kivu maintenant que les opérations sont en cours.
TOLUWELE |